2004-2012 Lapidaire

 

Lapidaire

Comme chaque année permet de rester en vie dans les disséminations, l’établissement du Lapidaire est parvenu à me soumettre, pour rivaliser avec le déroulement du temps, au contraignant compte-gouttes des dates anniversaires. La persistance ne fait pas de cadeau dans le compte des jours. L’hier, pour dépasser la condition de son retour, n’a jamais été chassé d’aujourd’hui qui ne cesse, dans l’attente de ce qui doit advenir, d’être la consolation de le savoir.

Le caillou, d’abord léger, porte sa multiplication, s’imprègne, au gré de ses lui-même, de devenir un oubli. L’ininterrompu en racle l’empreinte précédente sans lui porter atteinte. Le crayon fait sa part d’humanité dont la pierre luit. Un papier, doutant lui-même de son existence, lui a réservé son éternité.

La phrase comme une inconnue heurtée, la litote ficelée court, sans forcer le facile à défaire. La fin de toutes choses qu’il lui faut contenir dans l’accoutumé, à la bonne cadence de lecture. Le pressentiment d’affinités sélectives parvient parfois à suggérer qu’il épargne d’un écorchement dans une horlogerie.

Chacun, de s’approprier le soigneusement affectif, assume la somme de tous les autrefois, quitte à se reconnaître dedans, une collection d’échos tentant de préserver les âges de la vie qu’ils intègrent pour s’être attardés. Ils ont une fonction unique ne pouvant égaler la pièce manquante dans l’accumulation. On a envie d’attendre, au risque de se prendre au jeu de sa propre fin.

sylvaiNBraVO

2009 – Lapidaire – Livres d’artiste conçus et réalisés par A.Stella