L’art de la règle

De la règle de l’art à l’art de la règle.

1992 Le trait, trajectoire la plus mobile aux enchantements, veille à modifier le précis des surfaces indifférentes à l’espace entier qu’elles occupent. Le trait retient ce qu’il est devenu qu’il manque au papier, s’imprègne de ses lui-même dont on sait les convictions, comme s’il s’agissait de les rendre lisibles.

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1993 Là encore affleure une structure dépouillée de détail, le périmètre des corps n’est qu’une indication. Aucune trace de ce qu’ils viennent d’accomplir avant de se perdre de vue au sommet. Ne tenant plus aux indépendances graphiques, même partiellement, quelques paysages passent dessus, dans le sens rectiligne, vont converger vers le vraisemblable, en descendent, n’ont désormais plus rien à y faire.

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1994 Peintures, avec pour seule constante l’expérimentation créatrice qui, confrontée à une lisibilité perdue, recouvre une forme déjà sculptée où l’effacement maintient en place la pensée déjà d’en franchir les lignes, là où on ne les voit pas, pour atteindre les récurrences détournées.

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1995 Ordonné. Une base se fige, complète la suivante, laquelle s’obstine pour ne pas devenir davantage le choix de s’en défaire dès que s’annonce l’épaisseur d’en être l’irrévocable.

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1996 1997 Temps superposés. Compositions croisées, matérialité minimale. Plus le construit efface ce qui arrive, plus il lui faut contenir la persistance de ce qui a pu se passer. L’avant et l’après permettent une équitable symétrie.

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2004 2012 C’est seulement dans le Lapidaire que l’écriture fait jeu égal avec le dessin. L’horizontal des phrases dont l’étrangeté même restitue une construction textuelle, prolonge ce que l’on n’a pas vu.

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2011 La sédimentation des lumières a su restituer l’improbable rejet des distances qui séparent. Pour faire de l’unique qualité de la détermination, l’accumulation, méticuleusement reconstituée, est elle aussi pleine d’imprévu.

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Comme livre ouvert le diptyque juxtapose
recto et verso, enferme également l’un et
l’autre part. Le diptyque remédie à ce qui
pourrait ne pas être. Il accorde ce qui est
scindé, offrant au regard la responsabilité
de circuler dans l’indissociable.

2011 La prise de minimalisme d’une accumulation s’appuie le processus des grandeurs déserté par l’hostile, dans une légèreté que personne ne voit.

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2013 Parvenu où l’on admet le trait, tel qu’on l’attend, glacial, toujours ouvrant le champ aux diverses infinités du noir, utilisé pour voir quelle complexité construit son intention, la verticalité découvre la cohérence de la trajectoire.

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2014 2015 Évitant tout indéterminé, la maîtrise s’achève en géométrie. Les figures imposées règnent sur tout ce qui peut arriver. L’arrogance rationnelle ou rectangulaire des archétypes, le carré occupé à symboliser le cadre taillé pour ça, le parallélogramme faisant fuir en oblique, n’ont en rien faibli. L’ovale n’en a guère conscience.

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2016 Le pouvoir des processus décide d’une facette qui semble tous les confondre, structure par ses arêtes la dominante noire qui s’y réfère. Elle peut s’en extraire.

sylvaiNBraVO

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